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Éric de la Noüe
La première minute
LA PREMIÈRE DE...
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Dix minutes de bonheur

La première minute est un blogue qui traite d'économie, de psychologie, de société et du bonheur. Tant qu'à faire, rajoutez sexe. Question bonheur ça ne nuit pas.

L'histoire s'accélère? Essayons d'élever le débat ensemble. De faire ce qu'il faut. Essayons d'être heureux.

Vous n'êtes pas seul.

* * *

Andy Warhol disait que tout le monde serait célèbre un quart d'heure. Cette première minute c'est donc la mienne. Et pourtant, alors que la page Facebook et le blogue ont remplacé le supplice des diapos de voyage du beau-frère, je traverse dans l'espace public en n'ayant aucune envie de devenir une vedette ni même de vous parler de moi plus qu'il faut. Je connais aussi mes limites. Ils me l'ont dit à Canadian Idol. Frank Sinatra s'est retourné dans sa tombe quand j'ai chanté.

Au-delà de la goutte d'eau dans l'océan virtuel, le plus probable c'est de tirer le numéro gagnant à la loterie de la controverse ou de faire la démonstration que quelque part un village a perdu son idiot, d'autant plus que réunir au même endroit économie, psychologie, société et bonheur pourra sembler à certains du même ordre qu'une page Web consacrée à Confucius et Dean Martin. Découvrez des perles de sagesse millénaire, un Martini à la main en prétendant caresser de l'autre la cuisse d'une blonde platine.

Ben voyons. Va jouer avec ton cerceau, mon garçon.

Le monde est plein de joyeux excentriques dont la qualité première est d'être inconscients de leur état. À vous donc de juger si mon choix de thématiques a un sens et si j'ai les moyens de mes ambitions. Que chaque texte parle par lui-même. Connaissez-vous la différence entre un charmeur et quelqu'un de charmant? Le premier n'est pas sincère. Elle est d'autant plus de circonstance que j'ai une confession à vous faire. Pour la somme, ce blogue est une lettre d'amour.

Je vous aime.

C'est une des deux raisons qui me font émerger. L'Occident est à cinq minutes de connaître des bouleversements économiques, sociaux et politiques aussi grands que ceux provoqués par la grande dépression des années trente. Et le déclencheur c'est l'argent. Après un siècle de bar ouvert financier, les factures commencent à sortir. Il est trop tard pour stopper la machine. La tendance va s'accentuer. À coups de taxes et de délocalisations, c'est le centre qu'on assassine - la classe moyenne. Cols bleus, cols blancs, cols rouges de plus capables de payer pour des châteaux en Espagne.

Le temps de compter sur les impôts des autres est révolu. À force d'élire des gouvernements guichets automatiques, on en a oublié l'essentiel, la santé, les vieux et les sans voix. Le mouton n'a plus de laine, juste une carte de crédit défoncée.

Mais à titre individuel certains s'en tireront mieux que d'autres. Avant de réfléchir à quoi faire ou ne pas faire, pourquoi ne pas décider que pour vous c'est possible? D'ailleurs, une fois paré à titre personnel, il sera toujours temps de faire quelque chose collectivement. Le pot va casser. Nous allons en avoir pour plusieurs années à recoller les morceaux.

Des temps durs s'en viennent. Il vaut mieux être préparé un an à l'avance qu'une journée trop tard.

Je viens de servir une volée de bois vert à un baby-boomer. Dettes des gouvernements. La bourse qui plante. Défauts bancaires. Inflation et hyperinflation. RÉVEILLE-TOI. Parce que la tête dans le sable on s'expose à recevoir un magistral coup de pied au cul. Mais ce n'est pas ce qui le scie. Il savait. Dans le même souffle, je lui ai parlé d'espoir.

- Je ne pensais pas que dans un tel contexte on pouvait penser être heureux.

Nous sommes dehors. C'est l'été dans un coin de paradis du Québec profond. L'herbe est si verte que je me roulerais dedans.

- Pendant la dépression, des gens ont connu des moments merveilleux. Pour certains, ce furent même les plus belles années de leur vie. La fin d'un monde, ce n'est pas la fin du monde.

Au moment où vous lisez ceci, en Grèce, en Espagne, en Islande, au Japon, un couple est en train de faire l'amour. Un enfant rit. Un oncle fantasque vient de lui conter une blague déplacée et le chat ronronne. Le Moyen Orient est en feu mais c'est la même chose. La femme d'Ahmed vient de lui demander de sortir les poubelles et le sac s'est fendu.

Banlieue de Québec. Devant la librairie Renaud-Bray de Place Laurier, c'est gris c'est l'automne. Un type court après une femme en brandissant une espèce de plante aussi grande que lui. Il vient de la ramasser, tombée au vent ou je ne sais quoi.

- Je t'aime. Je t'aaiiiime!

Madame se retourne et pouffe de rire. Comme son homme, elle a la fin quarantaine. Du petit monde comme moi. Mon regard croise celui du type et je lâche un ''c'est merveilleux'' en arrivant à sa hauteur.

- C'est beau, l'amour, hein?

Ils sont déjà plusieurs mètres derrière moi. J'ai appris ça de Clint Eastwood: n'arrêtez jamais de marcher quand vous êtes pressé. Je jette un oeil par-dessus mon épaule et leur rends leur sourire.

- N'est-ce pas?

Mon auto m'attend mais ma journée est faite. Le bonheur ça s'attrape.

Quant au reste, genre moi, il n'a pas d'importance. À moins qu'il n'en revête pour vous. Vous vous demandez quelle est la seconde raison qui me fait sortir de l'ombre?

La fourmi noire sur la pierre noire dans la nuit noire seul Dieu la voit. Imaginez ses écrits.

Voulez-vous voir mon nombril?


Éric de la Noüe



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